Hydroponie : la culture du cannabis
interdite en France et réprimendée - les risques de
la culture du cannabis
En Suisse, comme dans d'autres pays,
la consommation de cannabis et la culture du cannabis a beaucoup
augmenté, avant tout chez les adolescents et chez les jeunes
adultes. Au cours des années, les opinions sur la consommation
de cannabis se sont modifiées. Ainsi, en comparaison avec
les années 80 et le début des années 90, le
cannabis est aujourd'hui considéré par le grand public
comme moins dangereux. Mais il circule des informations contradictoires
sur le cannabis. Ainsi, certaines de ces opinions reposent sur des
faits avérés, d'autres sur des préjugés
et de fausses informations.
Cette brochure veut contribuer à mieux estimer les risques
et les dangers de la consommation de cannabis. En effet, ce n'est
qu'en étant informé de manière correcte que
chacune et chacun peut peser les risques et décider ainsi
de manière responsable de son comportement à l'égard
de la consommation de cannabis.
Les sources les plus importantes desquelles sont issues les informations
de cette brochure sont:
Gmel, G. & Müller, R. (2001). Langzeitwirkungen des Cannabisgebrauches.
Lausanne: Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et
autres toxicomanies.
Inserm (2001). Cannabis - Quels effets sur le comportement et la
santé? Paris: Inserm.
Kalant, H., Corrigall, W., Hall, W. & Smart, R.G. (1999). The
Health Effects of Cannabis. Toronto: Addiction Research Foundation.
Kleiber, D. & Kovar, K.-A. (1998). Auswirkungen des Cannabiskonsums.
Eine Expertise zu pharmakologischen und psychosozialen Konsequenzen.
Stuttgart: Wissenschaftliche Verlagsgesellschaft.
Ministry of Public Health of Belgium (2002). Cannabis 2002 Report.
Brussel: Ministry of Public Health of Belgium.
Nolin, P.C. & Coin, K. (Eds.) (2002). Le Cannabis: Positions
pour un régime de politique pour le Canada. Comité
Spécial du Sénat sur les drogues illicites.
Quelques faits
Pour une grande part des consommateurs, l'usage du cannabis et
la culture du cannabis n'est qu'un phénomène passager.
En moyenne, la consommation de cannabis et la culture du cannabis
s'étale sur une période de près de huit ans.
Toutefois, de nombreux consommateurs arrêtent d'en prendre
après une courte phase d'expérimentation.
L'âge moyen d'entrée en consommation a baissé
et se situe un peu en dessus de 15 ans.
La proportion de femmes et d'hommes qui consomment du cannabis
tend à devenir comparable. Cependant, les jeunes hommes consomment
toujours plus fréquemment du cannabis que les jeunes femmes.
Selon une estimation conservatrice de l'Office fédéral
de la police, le chiffre d'affaire du commerce global de cannabis
en Suisse s'élevait en 2001 à environ un milliard
de francs.
Auparavant, la teneur en tétrahydrocannabinol (THC) des
plants de cannabis se situait entre 0,5 et 3%. L'évolution
des méthodes de culture a rendu possible aujourd'hui la production
de plants de cannabis ayant des teneurs en THC significativement
plus élevées; il est difficile de donner une moyenne
de la teneur en THC du cannabis se trouvant sur le marché,
mais elle devrait se situer entre 6 et 30%.
Une forte teneur en THC peut renforcer et modifier les effets immédiats
de la consommation. L'incidence d'une teneur élevée
en THC sur les dommages à long terme pour la santé
n'est pas connue à ce jour.
Il reste de nombreuses questions ouvertes sur les conséquences
de la consommation de cannabis et la culture du cannabis. En particulier,
les risques encourus par des personnes fragiles et en mauvaise santé
(voir « Qui est particulièrement en danger »)
ne sont que très peu documentés.
Ainsi, toute personne ne souhaitant pas prendre de risque doit
s'abstenir de consommer du cannabis.
Une consommation épisodique de cannabis est relativement
sans risque, pour autant qu'elle n'ait pas lieu avant une activité
nécessitant de l'attention et des facultés de réflexion,
comme par exemple conduire un véhicule ou passer un examen.
La consommation régulière et quotidienne de cannabis
met la santé en danger.
Les adolescents qui consomment du cannabis à treize ou quatorze
ans déjà sont en danger. A l'adolescence, les jeunes
sont confrontés à de nombreux défis liés
à leur développement, qui nécessitent de leur
part la pleine possession de leurs facultés. Le cannabis
les empêche d'accomplir ces tâches et peut aussi induire
des difficultés scolaires.
Les femmes enceintes qui fument du cannabis ont un risque plus élevé
de donner naissance à un bébé ayant un poids
plus faible que la moyenne. D'autres altérations du comportement
et du développement de l'enfant ne sont pas exclues.
Pour les personnes conduisant un véhicule, le risque d'accident
est augmenté, car le cannabis modifie les perceptions et
influence la capacité de réaction.
Les personnes qui souffrent en particulier des maladies suivantes
ont un risque élevé de développer des problèmes
s'ils consomment du cannabis: asthme, bronchite, schizophrénie,
dépendance à l'alcool ou aux médicaments, hypertension
et problèmes cardiaques.
Les adolescents qui consomment du cannabis à treize ou quatorze
ans déjà sont en danger. A l'adolescence, les jeunes
sont confrontés à de nombreux défis liés
à leur développement, qui nécessitent de leur
part la pleine possession de leurs facultés. Le cannabis
les empêche d'accomplir ces tâches et peut aussi induire
des difficultés scolaires.
Les femmes enceintes qui fument du cannabis ont un risque plus élevé
de donner naissance à un bébé ayant un poids
plus faible que la moyenne. D'autres altérations du comportement
et du développement de l'enfant ne sont pas exclues.
Pour les personnes conduisant un véhicule, le risque d'accident
est augmenté, car le cannabis modifie les perceptions et
influence la capacité de réaction.
Les personnes qui souffrent en particulier des maladies suivantes
ont un risque élevé de développer des problèmes
s'ils consomment du cannabis: asthme, bronchite, schizophrénie,
dépendance à l'alcool ou aux médicaments, hypertension
et problèmes cardiaques.
Le cannabis renforce en premier lieu l'humeur de la personne au
moment de la consommation: si elle se sent mal, elle se sentira
encore plus mal après avoir pris du cannabis.
Selon l'humeur de la personne, le cannabis a un effet calmant,
relaxant ou euphorisant. La modification de la perception de l'espace
et du temps est aussi un effet caractéristique du cannabis.
Des sentiments de peur ou de panique, ainsi que des hallucinations
sont possibles, en particulier après la prise de hautes doses.
Ces symptômes disparaissent une fois les effets du cannabis
estompés.
La fréquence cardiaque augmente, puis diminue après
trois heures environ.
La mémoire à court terme, les capacités de
réaction et de concentration sont perturbées jusqu'à
24 heures après la consommation.
Aucun décès dû à une surdose de cannabis
n'est connu.
On constate une légère diminution des capacités
d'apprentissage et de mémorisation. La capacité d'attention
est aussi influencée.
Jusqu'à ce jour, il n'a pas pu être prouvé
que le THC pur cause le cancer. Le fait que le cannabis soit souvent
mélangé à du tabac permet de supposer que la
fumée du cannabis est un facteur de risque pour les mêmes
formes de cancer que pour le tabac.
Le goudron inhalé en fumant une cigarette de marijuana,
lequel est de deux à trois fois plus élevé
qu'avec une cigarette de tabac, l'absence de filtre, l'inhalation
plus intense ainsi que la plus longue retenue de la fumée
dans les poumons conduisent à un dépôt plus
élevé de goudron dans les voies respiratoires.
On peut s'attendre à un risque plus élevé
de cancer de la cavité buccale, du pharynx, de la trachée
et de l'oesophage.
On peut s'attendre à un risque plus élevé
de maladies des poumons.
La formation des spermatozoïdes et le cycle de menstruation
peuvent être perturbés. Ces effets sont cependant réversibles
après l'arrêt de la consommation.
Une consommation fréquente de cannabis peut induire une
dépendance psychique et une faible dépendance physique.
On rapporte aussi des phénomènes de tolérance,
dans lesquels une augmentation continuelle des doses pour obtenir
les mêmes effets est décrite.
Des symptômes de sevrage peuvent apparaître chez les
personnes ayant consommé du cannabis durant des années.
Comparativement à d'autres drogues, ces symptômes sont
légers.
La consommation de cannabis déclenche-t-elle des maladies
psychiques?
Il n'existe pas de «psychose cannabique». En cas de
schizophrénie, la consommation de cannabis peut péjorer
l'évolution de la maladie ou provoquer des rechutes. De nouvelles
études laissent penser qu'il est possible que la consommation
de cannabis puisse déclencher des schizophrénies.
Il est également supposé que la consommation chronique
de cannabis a des effets sur les obsessions, les états anxieux,
les dépressions et les suicides.
La consommation chronique de cannabis endommage-t-elle les systèmes
immunitaire et reproductif?
Lors d'expérimentations animales, une diminution de l'immunité
due à l'effet du cannabis a été mise en évidence.
Ce résultat n'est pas confirmé chez l'être humain.
Une consommation chronique de cannabis peut diminuer la formation
de spermatozoïdes et générer des malformations
de ces derniers. Certaines études ont démontré
des dégâts possibles sur les chromosomes, d'autres
les ont par contre niés.
Les personnes ayant une consommation précoce de cannabis
ont un risque plus élevé de consommer fréquemment
d'autres substances illégales.
Les consommateurs précoces arrêtent de prendre du
cannabis plus tardivement que celles et ceux qui ont commencé
à en consommer plus tard.
Les consommateurs précoces sont fréquemment fragiles
socialement et psychiquement. Ces jeunes apprennent alors à
utiliser les effets sédatifs et euphorisants du cannabis
comme une automédication. Ils ont tendance à entrer
alors dans une consommation régulière.
Les symptômes psychiques et sociaux observés chez
les consommateurs de cannabis ne sont bien souvent pas dus à
la consommation de cannabis, mais préexistent à celle-ci.
Les personnes qui n'ont jamais consommé de cannabis ne prennent
en règle générale aucune autre drogue illégale.
Inversement, beaucoup de consommateurs de drogues dures illégales
ont pris du cannabis. Mais on ne peut en déduire aucun rapport
de cause à effet.
90% des consommateurs de cannabis ne consomment aucune autre drogue
illégale.
Au plan scientifique, on discute aujourd'hui de l'interaction des
systèmes récepteurs cannabinoïdes et opioïdes
dans le cerveau. Cependant, d'autres recherches doivent être
menées pour vérifier si les récepteurs opioïdes
répondent de manière plus sensible à la suite
de la consommation de cannabis.
La consommation de cannabis réduit l'attention et la capacité
de réaction et par là même la faculté
de conduire, ce qui augmente le risque d'accident.
Cependant, les conducteurs sous l'influence du cannabis conduisent
souvent plus prudemment que les autres.
Les effets d'un joint correspondent approximativement, dans les
simulations de conduite, à celle d'un taux d'alcoolémie
de 0,5 à 1 pour mille.
L'effet conjugué du cannabis et de l'alcool sur les facultés
de conduire est plus fort que celui de l'alcool seul.
Le THC se concentre rapidement dans les tissus graisseux et ne se
diffuse ensuite que tardivement dans l'organisme. A l'arrêt
d'une période de consommation régulière, le
THC peut éventuellement être décelé dans
le sang et dans l'urine durant des semaines.
Une consommation sporadique de cannabis est encore décelable
quelques heures après dans le sang, jusqu'à quelques
jours dans l'urine.
En outre, il est aussi possible de trouver des traces de THC dans
les cheveux, la salive et la sueur.
Cannabis : de la clinique à la loi
4.3. Législation comparée
4.3.1. En Europe
D'un point de vue épidémiologique, la consommation
de cannabis se stabilise actuellement dans les pays dans lesquels
elle a atteint un niveau élevé, et augmente légèrement
dans les autres [100].
Le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée dans
les pays de l'Union européenne. Le type d'usage le plus rencontré
est l'usage occasionnel ou intermittent. Selon les pays, 5 à
30% de la population adulte a déjà consommé
au cours de leur vie du cannabis, ce chiffre allant jusqu'à
40% chez les jeunes adultes. La consommation au cours de l'année
écoulée varie entre 1 et 9%, jusqu'à 20% chez
les jeunes adultes.
Tous les pays européens ne disposent pas d'information en
terme de prévalence, ce qui rend difficile la tentative de
situer un pays par rapport à l'ensemble des autres. La prévalence
de l'usage dans les douze derniers mois chez les jeunes adultes
semble assez proche en France (8%), en Allemagne (8%), au Danemark
(7%), et même en Espagne (11%). Chez les 15-16 ans, la prévalence
au cours de la vie semble particulièrement élevée
au Royaume-Uni, en Irlande et aux Pays-Bas.
L'usage du cannabis n'est incriminé dans pratiquement aucun
pays d'Europe en dehors de la France, du Luxembourg et du Portugal
(l'Espagne et la Belgique répriment l'usage en public).
Les Pays-Bas, l'Espagne et l'Italie établissent à
propos de la possession en vue de l'usage et à propos du
trafic, une distinction entre "drogue dure" et "drogue
douce" (les peines prévues en théorie étant
moindres dans le deuxième cas).
L'Irlande et le Royaume-Uni établissent une distinction
entre "opium" et "autres drogues" et non pas
entre "drogues dures" et "drogues douces".
L'Allemagne et le Danemark incriminent et répriment l'acquisition
en vue de l'usage, ce qui revient, de manière indirecte,
à incriminer et réprimer l'usage.
La France et le Royaume-Uni apparaissent comme les pays où
le cannabis occupe la part la plus importante dans les interpellations
en matière de drogue [100]. En 1996 par exemple : 79% en
France, 77% au Royaume-Uni, loin devant l'Allemagne (43%), l'Espagne
(56%) et même la Belgique (65%).
Alors qu'en France 79% des interpellations concernant le cannabis
se rapportent à l'usage, cette proportion est plus élevée
encore au Royaume-Uni (88%), en Suède ou en Autriche. En
Allemagne, les usagers de cannabis interpellés ne représentent
que 64% des interpellations.
En ce qui concerne les quantités de cannabis saisies en
Europe, la tendance a été à une forte augmentation
entre 1990 et 1994 (multiplication des quantités par 2,7),
avant de diminuer de 1994 à 1998. En 1996, 659 tonnes de
cannabis ont été saisies en Europe, principalement
aux Pays-Bas, en Espagne, au Royaume-Uni, en France et en Belgique.
4.3.1.1. Pays-Bas
C'est aux Pays-Bas que la consommation de cannabis a été
dépénalisée pour la première fois en
Europe, en 1975.
La politique et la législation néerlandaises en matière
de drogues reposent sur la distinction entre "drogues dures"
et "drogues douces". Cette distinction est fondée
sur le risque sanitaire encouru par le consommateur de drogue.
En 1976, l' "Opiumwet", loi portant dispositions en matière
d'opium et d'autres stupéfiants, a introduit une différence
entre les "drogues comportant un risque inacceptable"
(héroïne, cocaïne, L.S.D., amphétamines,
ecstasy, huile de cannabis) et les "produits traditionnels
dérivés du cannabis" (marijuana, haschich). Ce
texte distingue trois types d'infractions : la détention
simple (ou possession), la vente, le trafic (import-export).
La drogue n'est pas légalisée aux Pays-Bas : que
ce soit pour les drogues dures ou les drogues douces, le trafic
(import-export), la vente, la production et la détention
restent passibles de sanctions pénales.
La détention de drogues douces (jusqu'à trente grammes)
pour usage personnel est une contravention, passible d'une amende.
Par contre, la consommation de drogues (quelles qu'elles soient)
n'est pas une infraction. Les Pays-Bas ont opté pour une
réponse sanitaire exclusive à la consommation de drogues,
arguant que l'absence de poursuites pénales facilite l'accès
des toxicomanes aux soins, sans risque de les stigmatiser sur le
versant de la délinquance. Ils soulignent que les Conventions
internationales ne considèrent pas la consommation de drogues
comme un acte punissable, à l'instar d'autres pays européens
(Allemagne, Autriche, Danemark, Grèce, Italie). Cette liberté
de consommation est associée à une politique d'information,
de sensibilisation de l'opinion publique et particulièrement
des jeunes, sur les risques inhérents à la prise de
drogues (y compris l'alcool et la tabac).
Une surveillance épidémiologique régulière
a permis de montrer que le nombre d'usagers de drogues dures (0,16%
des plus de 12 ans) n'a pas augmenté depuis plusieurs années
et reste bien inférieur à celui des usagers de cannabis
(1,7 à 3% des plus de 12 ans). Il n'y a aucun argument en
faveur d'un passage facilité du cannabis aux drogues dures,
les estimations du nombre des usagers sont comparables à
celles de pays appliquant une politique plus répressive.
Selon une directive du ministère public de 1996, la vente
de drogues douces dans des établissements spécialisés
appelés coffee shops n'est pas poursuivie si les règles
suivantes sont respectées [89] :
- interdiction de vendre des quantités supérieures
à 5 grammes par transaction et par personne,
- interdiction de vendre des drogues dures
- interdiction de faire de la publicité pour les drogues,
- interdiction d'occasionner des nuisances au voisinage,
- interdiction de vendre de la drogue aux mineurs et interdiction
d'admettre les mineurs dans l'établissement.
Les propriétaires et gérants de coffee shops qui
ne respectent pas ces règles font l'objet de poursuites administratives
et/ou pénales. Ceux qui s'y conforment ne sont pas poursuivis
si leur stock est inférieur à 500 grammes.
Les coffee shops sont une particularité hollandaise. Ils
sont particulièrement nombreux à Amsterdam, mais on
en trouve également sur le reste du territoire : en 1995,
27% des communes avaient une politique en matière de coffee
shops, début 1998, trois fois plus (88%). On dénombre,
sur l'ensemble du territoire, 1200 à 1500 coffee shops. L'existence
des coffee shops est donc tolérée par les autorités
néerlandaises, dans le but "d'établir une séparation
entre le marché des drogues douces et celui des drogues dures,
afin d'éviter que les consommateurs de drogues douces n'entrent
en contact avec les milieux de consommateurs de drogues dures."
[89].
L'approvisionnement des coffee shops reste illégal, mais
toléré, dans la mesure où ils constituent "un
maillon essentiel dans la politique néerlandaise en matière
de drogues" [89]. Il importe donc qu'ils puissent s'approvisionner,
même si la lutte contre le trafic organisé à
grande échelle reste, y compris pour le cannabis, une priorité
des autorités. Il n'y a donc pas de monopole d'état
sur la vente de cannabis. Les coffee shops sont un des éléments
permettant au gouvernement néerlandais d'appliquer sa politique
de "séparation des marchés de la drogue"
[138]. Les résultats de la dernière enquête
néerlandaise (1999) sur la prévalence de l'usage de
drogue [120] montrent que les coffee shops sont essentiellement
utilisés pour acheter du cannabis, et qu'une très
faible proportion d'autres drogues y sont achetées. Néanmoins,
de nombreuses de transactions concernant le cannabis se font toujours
en dehors des coffee shops.
Une modification de la législation, intervenue en 1995-1996
prévoit de mettre en adéquation le nombre de coffee
shops avec la demande locale en drogues douces, ce qui a nécessité
une diminution de 10 à 15% du nombre de ces lieux. Cette
restriction vise également à limiter les dérapages
qui ont pu être constatés, comme la vente de drogues
dures ou la vente de drogues douces pour l'exportation, ou encore
certaines "nuisances" [89]. La possibilité est
donnée aux maires de prendre une mesure administrative visant
à fermer un coffee shop, qu'il soit ou non à l'origine
de nuisances.
Le développement actuel des cultures de nederwiet, variété
de cannabis dont la teneur en principe actif est particulièrement
élevée comme nous l'avons déjà signalé,
préoccupe actuellement les autorités néerlandaises,
qui ont demandé à un groupe de travail de réexaminer
la législation, en vue d'une répression de cette production.
La culture de cannabis à visée commerciale est un
délit passible d'une peine d'emprisonnement de 2 à
4 ans et/ou d'une amende de 25 000 à 100 000 florins. Seules
les cultures de chanvre "textile" sont autorisées.
Ces mesures légales semblent avoir favorisé le développement
des grow shops, boutiques spécialisées dans le matériel
nécessaire à la culture de cannabis. Elles sont au
nombre de 150 à 200 sur l'ensemble du territoire, et on y
trouve de tout, depuis les graines, jusqu'aux lampes adéquates,
en passant par toutes sortes d'engrais, des systèmes d'irrigation,
des "THC boosters", ainsi que des insectes dévoreurs
de parasites, pour une culture "bio" [75].
L'objectif clairement affiché par les autorités des
Pays-Bas est la prévention et la limitation des risques pour
l'usager, son entourage et la société.
A ce titre, le Ministère de la Santé, du Bien-être
et des Sports propose un tableau récapitulatif de la nocivité
de l'alcool, du tabac et du cannabis en huit points :
Tableau 8. : Nocivité des différentes drogues, d'après
le Ministère néerlandais de la Santé
(cité in [89]).
La légalisation des drogues n'est pas envisagée à
l'heure actuelle compte tenu des risques élevés liés
à la consommation de drogues dures et compte tenu de la disparité
des législations des pays voisins.
Sur le plan du droit international, la loi sur l'opium est en conformité
avec les conventions internationales ratifiées par les Pays-Bas,
qui restent liés par la Convention unique de 1961, la Convention
de Vienne de 1971, la Convention des Nations Unies de 1988, les
Accords de Schengen et diverses autres conventions bilatérales
et multilatérales dans le domaine.
Le texte du Ministère néerlandais des affaires étrangères
présentant les principes de la politique néerlandaise
en matière de drogues [89] conclue : "La politique néerlandaise
n'est donc pas tout à fait cohérente, mais compte
tenu des résultats obtenus globalement, notamment en ce qui
concerne l'ampleur du problème de la toxicomanie, on s'accommode
de cette contradiction.".
Les résultats publiés en janvier 1999, d'une enquête
nationale sur la consommation de drogues aux Pays-Bas [120], montrent
l'existence de différences importantes en terme de prévalence
entre différentes villes du pays. La prévalence de
l'usage de cannabis au cours de la vie est de 36,7% à Amsterdam,
deux fois plus importante qu'à Rotterdam (18,5%) et que la
moyenne nationale (15,6%), et trois fois plus que la prévalence
dans certaines municipalités rurales (10,5%).
4.3.1.2. Autres pays européens
4.3.1.2.1. Belgique
Le 20 avril 1998, le gouvernement belge a présenté
au Parlement une directive visant à alléger la répression
à l'encontre des consommateurs de cannabis, se situant ainsi
à mi-chemin entre l'intransigeance française et la
tolérance néerlandaise.
Celle-ci prévoit de ne plus accorder que "la plus basse
priorité judiciaire" aux poursuites pour détention
d'une quantité limitée de cannabis. Cette directive
établit donc, pour la première fois en Belgique, une
différence entre le cannabis et les autres drogues illégales,
sans qu'il y ait toutefois modification de la loi en vigueur.
Un procès verbal sera toujours dressé contre le consommateur
de cannabis interpellé par la police, mais dans une version
"simplifiée". La consommation, si elle s'accompagne
de "nuisances" (agressivité, consommation manifeste
en public), restera passible de poursuites judiciaires.
Même distinction au sujet de la vente au détail de
cannabis : la vente en petites quantités, pour consommation
personnelle, ne recevra que la priorité minimale des parquets.
A noter que la quantité maximale n'est pas précisée
et reste à la libre interprétation des parquets.
4.3.1.2.2. Espagne
Depuis 1983 a été introduite une distinction entre
"drogues dures" et "drogues douces", en ce qui
concerne la culture, la fabrication, le trafic et la possession
pour le trafic.
Les peines encourues dans les cas de la culture, la fabrication,
le trafic et la possession pour le trafic, ont été
alourdies en 1987.
L'usage de drogue n'a jamais constitué une infraction en
Espagne, quelle que soit la drogue consommée.
La consommation de cannabis dans un lieu public est par contre
sanctionnée depuis 1990 (sanctions administratives).
4.3.1.2.3. Italie
Le parlement italien a adopté en 1975 une loi visant à
accroître la tolérance en matière de consommation
et de possession de "drogue douce". Un référendum
en 1993 aboutit à la dépénalisation de l'usage
de toutes les drogues, avec maintien de sanctions administratives.
4.3.1.2.4. Royaume-Uni
L'usage de drogue ne constitue pas une infraction en Grande-Bretagne,
à l'exception de l'usage d'opium.
Par contre, la possession en vue de l'usage reste punie d'une peine
d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à sept ans, selon le
produit. Il semble que ces dispositions légales soient en
fait peu appliquées en pratique.
Un rapport émanant de la Chambre des lords, paru en novembre
1998, s'est prononcé en faveur d'une "légalisation
partielle" du cannabis à des fins médicales.
Il plaide en faveur de l' "usage compassionnel" du cannabis
chez des patients en fin de vie ou atteints de pathologies évolutives
très invalidantes (sclérose en plaques par exemple)
et ce, même en l'absence de preuve de ses vertus thérapeutiques
ou de sa nocivité potentielle.
4.3.1.2.5. Allemagne
L'usage de cannabis est dépénalisé de fait
depuis 1994. Il s'agit de l'usage privé de petites quantités.
Aucun projet de réglementation de la vente n'est en cours.
L'application pratique de la loi était là aussi bien
différente des textes théoriques. La Cour constitutionnelle
a en effet suggéré aux gouvernements des différents
Länder de ne plus donner de suite pénale à la
consommation de cannabis et à sa détention à
des strictes fins d'usage personnel [114]. Cet avis de la Cour ne
fait que conforter une situation qui existait en pratique depuis
longtemps. Il est pourtant suivi à des degrés divers
selon les Länder, puisque certains sont allés jusqu'à
la dépénalisation de l'usage d'autres drogues, tandis
que d'autres limitent la quantité "légale"
qu'un individu peut détenir pour sa consommation personnelle
à 0,5 gramme de haschich !
4.3.1.2.6. Suisse
En 1951, la loi sur les stupéfiants (révisées
en 1975, puis en 1996) classe le cannabis parmi les stupéfiants
susceptibles d'engendrer une dépendance et, par-là
même, de mettre en danger la santé des individus.
Depuis, le cannabis fait partie - au même titre que la morphine,
la cocaïne, les hallucinogènes et les amphétamines
- des substances interdites par la loi dont l'usage (culture, production,
commerce, puis, par la suite, consommation) est punissable.
Une interdiction qui n'a rien de théorique : en 1995, sur
42 000 dénonciations pour infraction à la loi sur
les stupéfiants, près de 25 000 étaient liées
à la consommation et au trafic de cannabis.
Le tableau suivant propose un récapitulatif des mesures
de répression des infractions à la législation
des stupéfiants dans les quinze pays d'Europe.
4.3.1.2.7. Norvège
La Norvège est un des pays dont la politique de répression
en matière de drogues est particulièrement sévère.
Le quantum des peines encourues a été, depuis 1964,
régulièrement augmenté, et notamment en 1984,
date à laquelle la peine maximale encourue a été
portée à 21 ans de prison, ce qui représente,
dans ce pays, la durée maximale, toutes infractions confondues.
L'aggravation des peines a été associée à
un renforcement des forces de police. Le problème de la drogue
reste pourtant relativement limité en Norvège, et
ce sont plutôt les problèmes sociaux connexes qui ont
motivé ce durcissement de la répression. Celui-ci
a pour conséquence une nette augmentation du pourcentage
des prisonniers purgeant une peine pour une infraction relative
à la drogue : entre 1980 et 1988, sur 895 jugements conduisant
à des emprisonnements de plus de trois ans, 52% étaient
en rapport avec la drogue.
Une étude de 1993 présente la position de l'opinion
publique norvégienne (à partir de l'étude d'un
échantillon représentatif de 3000 personnes) face
à la politique en matière de drogues et aux infractions
dans ce domaine [125]. Il s'avère que l'opinion publique
soutient massivement cette orientation en matière de répression
: seulement 6% des personnes interrogées sont en faveur d'un
assouplissement de la loi. Même parmi les personnes ayant
consommé du cannabis, on retrouve une majorité qui
affirme que cet usage doit être prohibé. L'ensemble
de la population va même plus loin, en estimant que la législation
en vigueur n'est pas assez ferme en la matière. Alors que
la majorité des juristes norvégiens pensent que les
peines prévues pour les infractions en rapport avec la drogue
ne sont pas en harmonie avec les peines prévues pour les
autres infractions, la population se positionne à l'inverse.
4.3.2. Aux Etats-Unis
Nous avons vu précédemment dans le rappel historique
que la première interdiction prononcée aux Etats-Unis
à l'encontre du cannabis, l'a été dans les
suites d'une extension rapide de l'usage de cette substance, notamment
sous l'impulsion de l'immigration mexicaine croissante.
C'est donc en 1907 que l'état de Californie considère
officiellement le cannabis comme un poison. En 1913, son usage non-médical
est interdit, et en 1929, il est inclus dans la liste des substances
narcotiques (Harrisson Narcotic Act de 1914). A l'instar de la Californie,
les autres états adoptèrent peu après des textes
similaires.
Harry ANSLINGER, responsable du Bureau fédéral des
narcotiques aux U.S.A., apparaît comme à l'origine
de la législation prohibitionniste du cannabis, d'abord américaine,
puis rapidement mondiale. Une loi draconienne est ainsi votée
en Avril 1937, après que le cannabis ait été
dénoncé comme une "plante criminelle". Le
contexte de la prohibition du cannabis aux Etats-Unis est compliqué
par des mouvements politiques visant à stigmatiser les minorités
sociales et ethniques. La loi entre en vigueur en Septembre 1937,
c'est le Marihuana Tax Act.
C'est en 1941 que le cannabis est retiré de la pharmacopée
américaine.
En 1944, le célèbre rapport rédigé
par LA GUARDIA, alors maire de New York, assimile le cannabis à
un stupéfiant et le désigne sous le terme de "weed
of madness", "herbe de folie".
Actuellement plus de trente cinq états admettent la possibilité
d'utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques
dans les cas de patients pour lesquels les thérapeutiques
conventionnelles se sont révélées inefficaces.
Cette utilisation entre alors dans le cadre de protocoles dits "compassionnels".
La position de ces états est rendue délicate par
le fait que le gouvernement fédéral ne reconnaît
pas le cannabis comme médicament.
Rappelons qu'aux Etats-Unis, l'obtention, à des fins compassionnelles,
d'une substance interdite, est strictement réglementée
[114]. Seule l'université du Mississipi était autorisée
à cultiver du cannabis. C'est, après accord au cas
par cas, de la Food and Drug Administration (F.D.A.), que le cannabis
était alors conditionné en Caroline du Nord, sous
forme de cigarettes à environ 2% de 9THC, qui étaient
ensuite adressées à des pharmacies agréées,
où les patients pouvaient venir les retirer. C'est à
partir de 1989, lors de l'explosion de l'épidémie
de S.I.D.A., que les demandes de patients affluèrent, tandis
que depuis 1976, seulement un peu moins d'une dizaine de patients
avaient été concernés par ce traitement. Ces
nombreuses demandes étaient soutenues par le programme d'information
lancé par des associations telles l'Alliance for Cannabis
Therapeutics ou l'American Medical Marijuana Movement.
C'est en juin 1991 que le gouvernement fédéral décide
de supprimer cette possibilité, en arguant de son caractère
antinomique avec la politique de lutte contre la drogue.
A l'heure actuelle, la controverse reste active dans la mesure
où la position d'états comme l'Arizona, la Californie,
la Floride, l'Idaho, l'Ohio, qui autorisent le recours au cannabis
à des fins médicinales, contrevient à la position
fédérale. La Californie par exemple, où en
1996 a eu lieu un référendum d'initiative populaire
qui a approuvé à une majorité de 56% une loi
autorisant les malades atteints de pathologies particulièrement
sévères, à consommer du cannabis, s'ils obtiennent
une ordonnance médicale.
Les Etats-Unis restent à l'heure actuelle l'un des plus
gros consommateurs de cannabis au monde [114]. Une enquête
de l'O.N.U. de 1990 avance que 29 millions d'individus consomment
du cannabis aux Etats-Unis, dont 7 millions de manière quotidienne
[35]. La tendance actuelle de la consommation américaine
témoigne d'une utilisation de plus en plus fréquente
de cannabis à forte teneur en 9THC.
Cette quatrième partie nous a conduit à considérer
la position législative en matière de drogues de la
France face à celles de l'Europe et des Etats-Unis. Les conventions
internationales ne paraissent pas permettre de constituer une base
harmonieuse pour les différentes politiques anti-drogues,
qui relèvent de la politique intérieure de chacun
des pays.
Il ressort de ce bref aperçu de la législation en
vigueur que la France occupe une place particulière en Europe
et dans le monde, par le caractère répressif de ses
lois en matière de drogues. A l'opposé, siègent
les Pays-Bas. Il semble que ni l'un ni l'autre des modèles
proposés ne donnent de résultats particulièrement
avantageux.
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amplement, pour la croissance une ampoule mercu? re ou une sodium
HPS légère, et pour la floraison une sodium HPS 400
ou 600W. Il Existe plusieurs types Lampes HPS, certaines dédiées
à la croissance et d'autres à la floraison. Plus la
puissance de la Lampe est importante, plus les fleurs/fruits seront
gros, mais attention il faut faire suivre le renouvellement de l'air.
Les études sur les humains n'ont révélé
aucun élément qui permette d'affirmer que la consommation
de cannabis engendre des dommages au cerveau et ait un effet négatif
à long terme sur l'intelligence.
En cas de consommation régulière de cannabis (quotidienne
ou presque) et à long terme, des modifications du métabolisme
cérébral peuvent être constatées.
La faculté d'apprentissage et de mémorisation, ainsi
que la capacité d'attention sont influencées par une
consommation à long terme.
Les effets du cannabis sur le cerveau sont réversibles après
l'arrêt de la consommation.
L'apparition d'un syndrome amotivationnel (diminution de la motivation,
de l'initiative et des performances) lié à la consommation
de cannabis n'est guère confirmé par les études
scientifiques. Ces particularités de comportement s'inscrivent
plutôt dans le style de vie des consommateurs réguliers.
Une consommation quotidienne de cannabis peut empêcher la
résolution constructive des problèmes.
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