La culture hydro, c'est quoi?
Le terme culture hydro provient du latin "hydro" (eau) et "ponos"
(travail), autrement dit "le travail par l'eau". La culture hydro est une technique horticole très ancienne qui permet
de procéder à une culture (hydroculture)
hors-sol. La terre est alors remplacée par un substrat inerte et
stérile, comme les fibres de coco ou les billes d'argiles. Afin
de palier le manque de nutriments contenus habituellement dans une
terre horticole, il va falloir que le cultivateur régule lui-même
la composition des solutions nutritives. Heureusement, il existe
dans le commerce des solutions nutritives parfaitement adaptées
et depuis longtemps mises au point (voir
plus loin la liste des engrais à utiliser). Du fait de l'absence
de terre, la qualité de l'eau (voir plus bas comment réguler le
PH et l'EC)
est essentielle à un bon fonctionnement et surtout indispensables
pour obtenir un bon rendu. Pour être pleinement efficace, le système
hydroponique doit être automatisé
culture hydro
: avantages
En règle générale, l'hydro et la culture hydro
proposent de nombreux avantages : gain de place, de propreté, maladies
et insectes nuisibles moins fréquents, excellente croissance, floraison/fructification
luxuriante, récolte de qualité. Bien que la culture hydro
puisse paraître difficile, ne vous y méprenez pas, c'est un moyen
sûr et efficace d'obtenir d'excellents résultats en peu de temps.
Ecologique, la culture hydrol consomme entre 70 et 90 % d'eau
en moins que dans une culture classique. On éliminera de suite la
laine de roche car considérée à juste titre comme non écologique
et dangereux pour la santé.
Une culture sans terre accessible aux populations urbaines
démunies.
Beaucoup de personnes pauvres ont découvert en
ville le secret des plantations sans terre. La culture hydro,
qui est une culture hors-sol réalisée à l'aide
d'un peu d'eau, d'une solution nutritive bon marché et d'une
installation facilement réalisable avec des matériaux
de récupération, mérite d'être mieux
connue et pratiquée. Les plantations sans terre ont contribué
à transformer la vie de personnes pauvres en milieu urbain
et constituent pour beaucoup une alternative économique et
humaine.
Article de Raquel Fernández, paru dans Envio, mai 1995 (revue
de l'Université centraméricaine de Managua, Nicaragua)
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Felipa Rojas est enfin devenue maîtresse de son lendemain!
Bien que la vie ne se soit pas toujours montrée des plus
prodigues envers elle, maintenant qu'arrive à maturité
sa débordante vitalité, elle trouve dans la culture hydro populaire une source stable de revenus. Son patio intérieur
est devenu un jardin potager où croissent en harmonie, salades,
basilic, céleris et autres légumes, vendus à
bon prix sur le marché du fait qu'ils ne contiennent aucune
trace d'insecticide. Au Nicaragua, ce sont surtout des femmes qui
s'occupent de culture hydro.
Que faut-il à une plante pour vivre?
La culture hydro
est née en milieu insolite : en laboratoire d'université.
A la fin du XIXe siècle en Allemagne, on se demanda d'abord
de quoi se nourrissaient les plantes pour croître et atteindre,
dans le cas de certaines espèces, des dimensions énormes.
Ce que l'on savait alors, était qu'avec de l'eau, de la terre
et du soleil, les végétaux en avaient assez pour devenir
robustes et même exubérants. Les scientifiques cependant
commençaient à se demander quels étaient les
aliments spécifiques nécessaires à une plante.
Ce n'était pas seulement curiosité de scientifique
ni passe-temps d'étudiant désoeuvré. Les recherches
avaient abouti à la Révolution verte, aux conséquences
si amères. Quand on sut de quoi avait besoin une plante pour
se développer vite et bien, on tenta de la gaver comme un
cochon, ne laissant croître à côté d'elle
que les plantes dont la culture représentait un intérêt
économique. La terre s'en appauvrit, profondément
et rapidement.
Cependant pour en arriver à cette situation de crise des
sols, il fallut des années et beaucoup d'étapes successives.
La première étape avait consisté à comprendre
que toute plante - quelles que soient sa taille et sa variété
- se nourrit essentiellement et en grande quantité de trois
éléments : le phosphore, la potasse et l'azote. En
quantités moindres mais encore importantes, à la manière
de l'être humain qui réclame ses vitamines, la plante
avait besoin de huit produits : zinc, manganèse, cuivre,
bore, fer, molibdène, chlore, cobalt.
Une terre qui contiendrait chacun de ces éléments
serait apte à toutes les cultures. Le malheur est qu'une
telle terre n'existe pas dans la nature.
Les recherches théoriques continuèrent mais les cultures
en laboratoire, sans terre - l'hydroponie - furent abandonnées,
jugées antiéconomiques. Dans leur affrontement avec
l'Empire nippon, les Alliés avaient été contraints
de maintenir des garnisons dans de petites îles de l'Océan
indien et du Pacifique Sud démunies de terre cultivables.
Acheminer des légumes frais pour les soldats afin d'éviter
qu'ils soient atteints de scorbut se révélait cher
et dangereux. Les vieux souvenirs de plantations hydroponiques resurgirent
alors comme alternative efficace.
Quand revint la paix, ces plantations avaient prospéré
dans de grandes villes d'Europe, des États-Unis et même
du Japon, offrant essentiellement des fruits et légumes hors-saison,
quand il y a encore de la neige dans la rue : melons, pastèques,
piments, concombres, laitues, tomates. Dans des serres gigantesques,
la culture hydro procurait aux riches des solutions de luxe.
Une option pour les pauvres
Dans les années 70, la culture hydro arrive en Amérique
latine. Au début, elle est utilisée selon ces mêmes
critères de luxe, pour la commercialisation pure et simple
des légumes. Mais ce qui donne à manger ne reste pas
longtemps étranger à ceux qui ont faim. Vers la moitié
des années 80 on voit se populariser la culture hydro
parmi les pauvres. Elle atteint les collines et les quartiers miséreux
qui entourent les grandes villes latino-américaines, où
les paysans s'entassent par millions, expulsés de leurs terres
par la Révolution verte ou quelque autre contre-révolution
politico-sociale.
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD)
promeut alors les cultures hydroponiques, afin de satisfaire les
besoins alimentaires des populations urbaines les plus pauvres et
de leur procurer en même temps une activité économique
alternative. La culture hydro qui était née
dans des berceaux dorés, opta alors pour les pauvres. Après
avoir remporté certains succès au Chili, au Venezuela,
en Colombie et en d'autres pays, elle arriva au Nicaragua en 1993,
à l'initiative de César Marulanda, technicien du PNUD
qui s'y consacrait depuis plus de dix ans en Colombie, sa terre
natale, ainsi qu'en d'autres pays d'Amérique latine. Sa première
expérience au Nicaragua fut amère. Les personnes qui
en avaient le plus besoin s'y refusaient obstinément. "Mais
savez-vous toute la terre que nous avons au Nicaragua?" demandait-on
au technicien. "Pour-quoi nous mettre à cultiver hors
terre, si c'est la seule chose qui ne nous manque pas dans ce pays?"
Marulanda répondait : "Vous avez raison, mais de quelle
quantité de terre disposez-vous vous-mêmes?" A
cette question, ses interlocuteurs ne répondaient rien car
ils étaient tous pauvres.
Après les explications techniques sur la culture hydro,
le scepticisme ne fit qu'empirer. Quand vint l'heure de laisser
le Nicaragua pour un autre pays où il devait réaliser
un travail prolongé, Marulanda était convaincu des
grandes possibilités de la culture hydro, mais aussi
qu'il serait bien difficile d'en convaincre les futurs cultivateurs.
En mars 1993, il revint et se remit à l'ouvrage. Malgré
leur incrédulité, certains habitants vivant dans des
quartiers de Managua qu'ils ont spontanément occupés
décidèrent de s'y mettre, ne serait-ce que pour faire
plaisir à un monsieur si "sympa". Leur surprise
fut totale quand ils s'aperçurent que des légumes
magnifiques et exquis croissaient et se multipliaient dans leurs
cours intérieures.
Les "lits" de plantations
La culture hydro se réalise à l'aide de solutions
d'eau, où l'on peut placer ou non des scories ou du sable,
selon l'espèce végétale à cultiver.
C'est un procédé où les rendements sont multipliés
car on ne perd aucune graine. On calcule que de 85 à 90%
d'entre elles deviennent un produit commercialisable. En plus, on
écourte radicalement le temps de la culture. Par exemple,
les salades sont prêtes en un mois seulement.
On peut pratiquer la culture hydro de diverses manières.
Dans les pays industrialisés, avec de grands moyens et beaucoup
d'investissement, les légumes hydroponiques se cultivent
dans des serres où la concentration des éléments
nutritifs de base varie selon la plante à cultiver, l'époque
de l'année, la couleur et l'aspect qu'on veut lui donner,
pour satisfaire une demande toujours plus exigeante. La luminosité,
l'humidité, la température sont objets de contrôles
électroniques, on ne craint l'irruption d'aucun parasite,
les serres démontrant une asepsie supérieure à
celle de n'importe quelle salle d'opération dans le tiers-monde.
Dans de telles conditions, les rendements sont impressionnants.
Les investissements aussi.
En Amérique latine, les exclus n'ont pas de quoi monter
des ensembles aussi complexes et sophistiqués. Par contre,
ils ont du soleil à revendre, ce qui supplée à
tout le reste !
Fidèle à son option pour les pauvres, la culture hydro latino-américaine a besoin de très peu
d'infrastructures : on les obtient le plus souvent à partir
de matériaux usagés. Les plantations s'effectuent
sur ce qu'on appelle des "lits". Ce sont des tables dressées
à la hauteur voulue par le jardinier. Non pas des tables
au sens habituel. Pas besoin que la superficie soit continue ! De
simples règles parallèles font l'affaire, entourées
d'une bordure en bois d'environ dix centimètres de hauteur
de chaque côté.
Ces "lits" peuvent être construits avec de vieilles
planches ou des morceaux de bois. Des chevalets mécaniques
hors d'usage font parfaitement l'affaire. De même, on peut
utiliser de vieilles moitiés de pneus ou des caisses d'emballage
aménagées à hauteur désirable. Presque
tout peut servir, à condition de laisser un passage pour
l'air entre le sol et le "lit", et que tout soit hors
d'atteinte des animaux domestiques.
Tout est facile à trouver et à bon marché
Quand on a fait le "lit", il reste à le garnir
de plastique noir. Selon le type de culture envisagé, on
met ensuite de l'eau, ou un certain mélange de matériaux
solides. La salade, le basilic, le céleri, l'endive se cultivent
dans l'eau. Pour éviter que les plantes ne se noient, on
dispose des supports de poroplast à la dimension du "lit",
avec des orifices de différents diamètres, selon les
végétaux dont il s'agit. Le meilleur poroplast est
celui trouvé au rebut et récupéré sur
de vieux emballages. Un "lit" de 1 m2 convient bien pour
31 salades parvenues à maturation.
Pour leur développement, les autres végétaux
ont besoin de support de sable, de "ciment" volcanique
et d'écorce de riz, le tout formant un mélange dont
on emplit le "lit". Rien là d'inabordable ni de
difficile à trouver ! A l'aide de vieux morceaux de tuyaux
d'eau, on organise le drainage nécessaire à l'évacuation
du trop plein. Cette même eau qui avait servi à préparer
la solution nutritive sert encore plusieurs fois dans la journée
à arroser le jardin hydroponique.
La recherche et la pratique indiquent que chaque mètre carré
de jardin hydroponique a besoin d'un gallon (4 litres) d'eau chaque
jour pour produire les meilleurs rendements. Quantité bien
inférieure à celle dont on aurait besoin pour toute
autre culture, ou suivant toute autre méthode.
En plus de l'eau, la culture hydro économise aussi
du temps. Les plantes ne sont plus en concurrence avec la vie abondante
qui se développe sous terre et dont on n'a pas toujours conscience.
Aussi peuvent-elles mieux se développer et croître
beaucoup plus rapidement. On peut cultiver ainsi à peu près
tous les végétaux : épinards, arbustes de chiltoma
et de chile, haricots verts, arachide. Une des caractéristiques
de la culture hydro dans toute l'Amérique latine,
surtout au Nicaragua, est la non-utilisation d'engrais chimiques.
La culture se déroule en milieu totalement artificiel mais
tout se passe conformément aux processus naturels, sans engrais
ni pesticides. Pour combattre les insectes, elle fait appel à
des procédés naturels et mécaniques de grande
efficacité. Pour dissuader différents insectes ailés,
on dispose entre les cultures des draps jaunes, de quelque 60 cm
de long, imprégnés d'huile de moteur. L'insecte s'approchant
de ces draps y reste attrapé.
La nuit, des chandelles sont placées dans les goulots de
bouteilles elles-mêmes disposées dans des baquets d'eau.
Quand un insecte est attiré par la lumière, il commence
par voltiger autour, et finit par tomber dans l'eau sans pouvoir
en sortir. On utilise aussi des substances naturelles comme l'arbre
de nim et d'autres également. Chaque jardinier étudie
et divulgue ce qu'il a découvert. Beaucoup d'exclus qui pratiquent
en ville la culture hydro sont des émigrés
de la campagne, y ont encore famille et amis auprès desquels
ils répandent les nouvelles techniques.
Qui peut s'adonner à cette culture?
Le plus intéressant dans la culture hydro, ce sont
peut-être bien les personnes qui la pratiquent. Qui sont-elles?
Tout le monde ! le handicap physique, le retard mental, la pauvreté
la plus absolue ne sont pas des obstacles. A Bogota, on s'est rendu
compte que les personnes atteintes de syndrome de Down étaient
les meilleurs jardiniers de la culture hydro, parce qu'elles
donnent aux plantes la minutieuse et constante attention qu'elles
requièrent. Au Nicaragua, après tant d'années
de guerre qui ont laissé derrière elles un nombre
incalculable de handicapés auxquels on ne sait quoi donner
à faire, la culture hydro devrait être une bonne
alternative.
Au Nicaragua, de nombreuses mères de famille se livrent
à la culture hydro dans la cour de leur maison qu'elles
ne peuvent pas quitter. C'est le cas de Concepción Thomas.
Elle craint d'avoir à laisser seules chez elles ses deux
petites filles. Elle s'est initiée en mai 1994 après
avoir demandé un crédit de 280 córdobas (environ
40 dollars) pour mettre au point l'infrastructure indispensable.
"J'ai déjà remboursé mon crédit"
explique-t-elle avec orgueil. "J'ai pu ainsi disposer neuf
lits ; je suis en train de penser à me donner plus d'espace
pour la culture". Dans la petite cour au milieu de son humble
logement, s'étendent les lits hydroponiques couverts de légumes,
en leurs différentes phases de développement.
Les trois secrets : le mélange, l'eau et la tendresse!
Comme en toutes choses, et surtout pour les plus simples comme la
culture hydro, il y a des secrets. L'un d'eux est la composition
du mélange nutritif. Selon Marulanda, point n'est besoin
d'être bachelier pour préparer le mélange de
façon satisfaisante. Une certaine qualification est cependant
nécessaire! Les ingrédients sont l'eau, en plus des
14 éléments dont on a parlé au début.
Le dosage et l'ordre d'entrée obligent à faire attention.
"C'est comme quand on fait une galette, explique Marulanda.
N'importe qui peut la faire à condition d'avoir l'oeil, de
faire attention et de rester fidèle aux normes. On ne peut
aller contre la recette et mettre la farine avant le sucre, le résultat
n'est pas le même". Dans le cas des cultures hydroponiques,
le besoin d'un ordre à suivre est d'autant plus nécessaire
que certains éléments peuvent en neutraliser d'autres,
s'ils ne sont pas mélangés au bon moment. C'est pourquoi,
tenant compte de ce que la fabrication du mélange nutritif
demande du temps et de l'habileté, on a formé des
gens à sa préparation et à sa vente. A des
prix raisonnables, ils les cèdent aux jardiniers appartenant
au programme des Communautés urbaines productives (CUP) qui
promeuvent le projet du PNUD. On n'exclue pas les jardiniers amateurs
mais ils sont astreints à des prix légèrement
plus élevés.
De toutes façons, l'acquisition du mélange nutritif
ne représente pas une dépense impossible, puisqu'avec
seulement un gallon (4 litres), on peut alimenter 440 mètres
carrés. Le mélange ne s'utilise jamais à l'état
pur, on le met par petites quantités dans des demi-gallons
d'eau, ce qui correspond à un mètre carré de
culture hydro par jour.
Le deuxième secret de la culture hydro est la quantité
d'eau. A Managua, où il fait spécialement chaud, on
peut avoir à arroser les cultures jusqu'à quatre fois
par jour, de préférence avec l'eau recueillie à
partir de l'arrosage du matin, qui se fait au lever du soleil.
"Mais le véritable secret de la culture hydro
est la tendresse, affirme Marulanda. Le soin quotidien et l'attention
permanente aux plantes font qu'elles savent qu'elles sont importantes
pour le jardinier. Les plantes poussent mieux si elles se savent
aimées".
Le quartier "René Cisneros" de Managua est un
lieu de regroupement spontané. Comme beaucoup de ses semblables,
il se trouve "au centre" d'une ville qui n'a justement
pas de centre... Dans beaucoup de patios intérieurs on pratique
la culture hydro.
Un quartier hydroponique
Margarita Aguirre est une convaincue de la culture hydro.
Elle faisait partie de ce contingent d'incrédules qui ne
se sont laissés convaincre que lorsqu'ils ont vu. Au début,
elle disait qu'on ne pouvait pas cultiver dans des caisses et maintenant,
en plus de son jardin qu'elle cultive pour elle-même et pour
vendre, elle a la charge du jardin communal qui sert au financement
des dépenses de base de la CUP. A la CUP, on offre aux jardiniers
de la culture hydro des semences ou des plants de petite
taille pour ceux qui n'aiment pas travailler avec des semences ;
on vend le mélange nutritif et on facilite les crédits
nécessaires pour commencer, agrandir ou réparer l'infrastructure
existante.
Rebeca Marley est une jeune femme de la côte, arrivée
un jour à la CUP pour acheter un gallon de mélange
nutritif pour ses plantations. Comme d'autres voisins du quartier,
Rebeca vend sa production au supermarché. Elle non plus,
au début, ne croyait pas à la culture hydro.
Les faits l'ont convaincue. Actuellement, elle s'y est mise, non
seulement elle-même et sa famille à la maison, mais
elle s'est souvenue de sa terre natale, Bluefields, une ville située
entre la mer des Caraïbes et la forêt où on ne
peut presque rien cultiver et où on doit tout amener par
avion ou par bateau à des prix prohibitifs. Si la culture hydro prenait à Bluefields, ce serait une solution.
Une tante de Rebeca s'y rendra bientôt pour convaincre les
voisins par l'exemple.
Le quartier "René Cisneros" pourrait bien être
qualifié de "quartier hydroponique". Même
dans la petite école, la cour de récréation
est en partie recouverte de "lits" hydroponiques où
les enfants font leurs expériences et apprennent à
cultiver. Il y a plusieurs enfants qui montrent un véritable
intérêt pour cette culture au point que la directrice,
Dora Cano, croit que plusieurs d'entre eux pourraient avoir une
véritable vocation d'agriculteurs dont le pays a tant besoin!
Tout le produit agricole du quartier se commercialise et facilite
la vie des voisins. On calcule qu'avec 10 m2 de jardin hydroponique
on peut obtenir 100 dollars de gain mensuel. Cela peut paraître
une quantité insignifiante. Mais au Nicaragua c'est ce qui
marque la limite entre manger et ne pas manger : c'est une différence
significative. Dans le quartier, celle qui s'occupe de la commercialisation
de tous les produits agricoles est Felipa Rojas. Elle n'en fait
pas moins ses propres recherches scientifiques. Au moyen de la culture hydro, Felipa a obtenu des plantes ornementales et même
de petits arbres qu'elle garde pendant les premières étapes
de leur développement et qu'elle transplante ensuite en pleine
terre, où ils deviennent plus résistants. Elle fait
aussi des essais de plantations selon ses méthodes dans le
sol, cherchant à obtenir des semences d'espèces intéressantes.
Elle a découvert la culture hydro quand elle venait
d'avoir 60 ans! Ce fut une renaissance ! Sans mari, ses enfants
déjà grands et partis au bout du monde, elle se débattait
chaque jour à la recherche d'une bouchée de nourriture.
Jusqu'au jour où elle découvrit le secret de la culture
sans terre. Maintenant, non seulement elle veille à la vente
du produit de ses voisins - ce qui la convertit en un personnage
important du quartier - mais elle est devenue experte, invitée
dans d'autres communautés pour expliquer ses expériences.
Elle jouit d'une parfaite indépendance économique.
Elle regarde le futur avec confiance. Elle sait que, même
devenue vieille et sans forces, elle pourra continuer de cultiver
son jardin.
"Le plus important de la culture hydro, affirme César
Marulanda, c'est sa capacité de transformer la vie, de rendre
aux personnes confiance en elles-mêmes, de leur faire sentir
à quel point elles sont importantes".
Traduction, titre et sous-titrage DIAL. En cas de reproduction,
mentionner la source DIAL.
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